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« Nouveau : Mise en place, sur notre site Internet, d’un forum de discussion qui vous permettra des échanges de points de vue concernant la vie et l’oeuvre d’Alain Daniélou : musique, Inde, histoire & société, philosophie & religion. Nous vous invitions à y participer… »

ACTUALITÉS

Edition en langue espagnole de « Mythes et Dieux de l’Inde, le Polythéisme Hindou » aux Editions Atalanta, Girona.

DIOSES Y MITOS DE LA INDIA ATALANTADIOSES Y MITOS DE LA INDIA
ATALANTA

 

– Dans l’optique d’une nouvelle édition du livre d’Alain Daniélou « Le symbole du Phallus » dont les dessins-illustrations de la version française ( 1993) choisis par l’éditeur n’avaient pas du tout plu à Alain Daniélou, Jacques Cloarec vient d’effectuer un périple en Asie pour compléter l’iconographie de ce livre.
Il a ainsi photographié au Japon un rituel shinto et une procession dans la ville de Kawasaki, un temple shinto contenant des sculptures de phallus dans le port d’Ujahima au fin fond de Shikoku, l’île des quatre préfectures et à Bangkok un petit oratoire à la fertilité qui rassemblait des phallus de toutes tailles et de toutes couleurs.

Bénédiction des phallus avant le départ de la procession. Bénédiction des phallus avant le départ de la procession.
Participants à la fête. Participants à la fête.
Procession des lourds phallus posés sur des palanquins. Procession des lourds phallus posés sur des palanquins.
Dans la cour du Temple. Dans la cour du Temple.

RADIO

Sur le site de la Radio télévision de la Suisse Romande les rediffusions suivantes :

L’Horloge de Sable :
Emission conçue, réalisée et préparée par Alain Perrottet

Alain Daniélou, la mémoire et les dieux
Alain Daniélou jouant du Mridangam, Bénarès, 1950. (Photo Raymond Burnier)

Le 4 octobre 2007, ce remarquable ambassadeur de l’Inde en Occident aurait eu cent ans.

Français de bonne famille, il fut l’un des seuls Européens à avoir été initié à l’hindouisme shivaïte et – sans préjugés – à avoir plongé dans l’Inde aux mille visages durant un quart de siècle.

« Depuis mon enfance, j’étais en réaction contre la société dans laquelle j’étais né et ne m’intéressais en rien aux discussions qui pouvaient se tenir à la table familiale… » a confié Alain Daniélou à la fin de son autobiographie Le Chemin du Labyrinthe. Pourtant, cette famille de la haute bourgeoisie n’était pas démunie d’intérêt. Son père fut plusieurs fois ministre sous la IIIe République et sa mère – d’un catholicisme forcené – créa un ordre religieux qui ne fut pas sans influencer son frère Jean, devenu cardinal sous Paul VI.

Grand sportif, danseur de talent, Alain cherchait déjà dans le Tout-Paris des années trente un ailleurs qui s’ouvrit à lui en 1932. Lassé de ces mondanités, il fit escale avec son ami lausannois Raymond Burnier en Inde et y rencontra Rabindranath Tagore, le grand poète qui avait reçu le prix Nobel de littérature en 1913. C’est peu dire que cette étape dans son tour du monde fut une révélation. Il y resta durant vingt-cinq ans, en s’initiant à l’art de la vina, creusant la culture hindouiste jusqu’à en devenir l’un des meilleurs connaisseurs.

Son approche approfondie du polythéisme hindou, ses traductions des textes sanscrits, sa propre pratique religieuse lui ont permis de mieux transmettre les facettes d’une civilisation millénaire. Avec Alexandra David-Néel, Jean Herbert et Louis Dumont, Alain Daniélou reste aujourd’hui l’un des rares à avoir traversé le miroir pour nous plonger dans l’ivresse des dieux, proche qu’il fut de Shiva et de son lointain avatar Dionysos. Au moment ou l’Inde fête ses soixante ans d’indépendance et de vie démocratique – souvent tumultueux -, ce parcours de vie nous offre un témoignage précieux entre passé et présent.

– Un Européen comme un indigène. Entretien avec Alain Daniélou par Catherine Michel (Pourquoi pas. RSR I, 03.11.1981 (accroche) – Itinéraire personnel. Grand entretien (1/5) avec Alain Daniélou par Yves Maga et Bernard Peterson avec les témoignages de Roger Dupasquier et Denis von der Weid. Illustrations de musique indienne choisies par Laurent Aubert (document inédit) (Espace 2, 03.09.1986) – La musique indoue. Entretien avec Alain Daniélou par Henri Jaton sur les caractéristiques de l’art musical indien (Les entretiens d’Henri Jaton, RSR II, 14.10.1973) – Au carrefour des cultures. Grand entretien (2/5) avec Alain Daniélou par Yves Maga et Bernard Peterson avec les témoignages de Roger Dupasquier et Denis von der Weid. Illustrations de musique indienne choisies par Laurent Aubert (document inédit) (Espace 2, 04.09.1986)

– La culture indienne actuelle. Grand entretien (3/5) avec Alain Daniélou par Yves Maga et Bernard Peterson avec les témoignages de Roger Dupasquier et Denis von der Weid. Illustrations de musique indienne choisies par Laurent Aubert (document inédit) (Espace 2, 09.09.1986) – Les religions de l’Indoustan. Entretien avec Alain Daniélou par Claude Mairet (Radio Lausanne, 21.06.1960) – Le rôle des castes. Grand entretien (4/5) avec Alain Daniélou par Yves Maga et Bernard Peterson avec les témoignages de Roger Dupasquier et Denis von der Weid. Illustrations de musique indienne choisies par Laurent Aubert (document inédit) (Espace 2, 10.09.1986) – Histoire de l’Inde. Entretien avec Alain Daniélou par Jean-Jacques Dû château (Magazine 72, RSR II, 24.03.1974) – L’Union indienne. Grand entretien (5/5) avec Alain Daniélou par Yves Maga et Bernard Petersonavec les témoignages de Roger Dupasquier et Denis von der Weid. Illustrations de musique indienne choisies par Laurent Aubert (document inédit) (Espace 2, 11.09.1986)

Emission conçue, réalisée et préparée par Alain Perrottet.

À PARAÎTRE

Edition estonienne de l’Histoire de l’Inde

GALERIE

Photo : Alain Daniélou, 1938.Photo : Alain Daniélou, 1938.

Raymond Burnier devant un paysage du Cachemire, 1938.

RÉTROSPECTIVE

Lecture en ligne de Shiva et Dionysos

SHIVA ET DIONYSOS

Shiva et DionysosPour Alain Daniélou, l’Occident a perdu sa propre tradition et éloigné l’homme de la nature et du divin. Il nous fait découvrir ici que les rites et les croyances du monde occidental ancien sont très proches du Shivaïsme et très aisément expliqués à l’aide des textes et des rites préservés dans l’Inde. Ce sont les religions relativement récentes du monde aryen et sémitique, Judaïsme, Christianisme, Islam et Communisme qui ont éloigné l’homme du reste de la création et de l’expérience religieuse et mystique multimillénaire dont la tradition s’est préservée dans l’Inde jusqu’à nos jours et que l’Occident, s’il veut survivre, devra retrouver.
Quatrième de couverture édition française aux Editions
Fayard.

Shiva et Dionysos.
Shiva et Dionysos, la Religion de la Nature et de l’Éros
Éditions Fayard, coll. « Documents spirituels », 1979, 1985 ; Le Grand Livre du Mois, 1999.

Shiva comme Dionysos sont garants des valeurs qui ont pour trait commun de s’inscrire hors ou contre les lois de la cité : le nomadisme, le dépouillement, la remise en cause des structures sociales, de la hiérarchie. Amis des pauvres, des artistes, des vagabonds, ils attirent la méfiance voire la défiance des représentants de l’ordre. À travers ces deux figures dont les ressemblances sont indéniables, Daniélou explore non seulement le domaine de la religion, mais aussi – et ceci est inévitable dès qu’on se penche sur l’hindouisme – les domaines sociétaire, culturel, historique et artistique.
En s’appuyant sur des sources dont la provenance extrêmement variée fait la richesse, il démontre comment le shivaïsme a marqué les civilisations asiatiques et européennes, jusqu’en Extrême Occident, depuis l’Age de Fer, bien mal nommé d’ailleurs puisque la majorité des créations artistiques se faisait à partir de matériaux périssables comme le bois, et dont les traces sont extrêmement rares. C’est pour cette raison que la marque du shivaïsme n’est pas flagrante et qu’il faut se placer du point de vue des sources hindoues et non seulement européennes, pour appréhender ce phénomène.

Témoignages des auteurs antiques, monuments (les mégalithes, par exemple), Upanishad et Purâna, ces textes sanskrits qui consignent les enseignements du shivaïsme, auteurs contemporains aussi bien anglo-saxons qu’indiens ou français, représentent un matériau dans lequel l’auteur puise pour nous exposer cette filiation entre les différentes civilisations.
Cet essai va à l’encontre d’un second préjugé : celui qui fait de l’hindouisme une société rigide et figée, celle des castes, hiérarchisées et ordonnées. Ceci est sans compter la présence déterminante du shivaïsme, antérieur à l’hindouisme. Daniélou explique qu’en Inde, depuis la colonisation des Aryens, coexistent deux tendances parfaitement opposées : le védisme, de tradition écrite, fondée sur les Védas, qui structure la société et qui représente la sédentarité et l’ordre, et le shivaïsme, antérieur aux Aryens, de tradition orale.
Enfin, cet essai, en présentant ce qu’est le shivaïsme, apporte un éclairage sur cette zone au-delà du réel, éternelle préoccupation des hommes. Religion au sens premier du terme, le shivaïsme recherche les liens tissés entre les différentes sphères de l’existence, cherche à comprendre le monde par toutes les voies d’investigations, scientifique, intellectuelle, artistique. De fait, il est frappant de constater combien l’enjeu de création littéraire ou artistique est proche de celui du shivaïsme : une « participation active à une expérience qui dépasse et dérange l’ordonnance de la vie matérielle » Ainsi, il est troublant de lire dans le Rig Véda une description du compagnon de Shiva, « aux longs cheveux, vêtu de vent», de lire l’explication de l’initiation shivaïte que nous donne Daniélou :
« L’initiation est la transmission réelle d’une Shakti, d’un pouvoir, transmission qui prend la forme d’une illumination ». On ne peut s’empêcher de penser à Rimbaud, ce poète nomade et hors la loi, auteur des Illuminations et « homme aux semelles de vent ».
Shiva et Dionysos « n’est pas un essai d’histoire des religions ». C’est sur cette négation que s’ouvre le livre, c’est bien plus un texte multiforme, comme la totalité de l’oeuvre de son auteur, un essai sur les origines : des peuplements, des civilisations, des structures sociales, des langues et de la création.

Un livre admirable, très nourri, inspiré. Avec des aperçus prophétiques sur la danse sacrée, le tantrisme, le Kali-Yuga. Un livre comme il n’en paraît pas un par an.

Arnold Walstein, Astres, 1980.

CLIN D’OEIL

Archives-Souvenirs : Deux traductions anglaises des contes gangétiques « The Game of Dice » a été publié par Barrie and Rockliff de Londres en 1965 puis par Pan books en 1968 dans l’ouvrage « The Fourth Ghost book » edited by James Turner.

Fools of God« Fools of God » a été publié dans une traduction de David Rattray chez Hanuman Books (Madras et New York, 1988).

L’ensemble des contes qui ont donnés lieux à plusieurs éditions et réimpressions en français sont disponibles pour une édition complète, dans leurs traductions anglaises par Kenneth Hurry.

ALICE BONER (1889-1981)
« La carrière d’Uday, le frère aîné de Ravi Shankar, était assez curieuse. Fils d’un haut fonctionnaire du Bengale, il vint à Paris pour y étudier la peinture. Pavlova, qui voulait créer un ballet oriental, s’intéressa à ce garçon qui ne connaissait rien à la danse mais ne manquait pas d’imagination. Il joua lui-même un rôle de composition dans le ballet, très mauvais d’ailleurs. C’est là qu’il rencontra Alice Boner, une jeune fille Suisse de Zurich, héritière d’une importante fortune industrielle. Alice s’intéressa à ce très beau jeune homme et décida de la ramener en Inde pour lui faire étudier sérieusement la danse indienne. Alice était une belle femme d’environ trente-cinq ans, grande et bien faite, altière et décidée. Elle me faisait penser à Junon. Elle pratiquait la peinture avec un certain talent. Elle se mit à la recherche des vestiges de la danse classique de l’Inde, à l’époque très déconsidérée dans les milieux culturels angloindiens comme tous les arts traditionnels.
Elle fut la première à découvrir le Kathakali qui survivait dans quelques villages perdus de l’état de Trichur dans le Kérala, au sud-est de l’Inde. Elle encouragea et aida un poète local appelé Vallathol à réunir les meilleurs des maîtres survivants de cet art surprenant et à fonder dans le village de Chiruthuruthi le « Kerala Kala Mandalam », la grande école de Kathakali qui devait devenir une des gloires de l’Inde. C’est elle qui découvrit, aida et soutint les deux grandes danseuses de Bharata natyam, Bala Saraswati et Shanta Rao. Elle connut aussi de grands musiciens, en particulier la célèbre Alla ud din Khân.

, retirée à Bénarès, Alice se lance dans des travaux sur l’esthétique et le symbolisme de la sculpture et de l’architecture hindoues. Cela la conduisit peu à peu à des recherches sur les anciens textes. Ne connaissant que quelques mots de sanskrit, elle réunit, avec l’aide de lettrés indiens, de nombreux manuscrits et se les fit traduire. Elle retrouva des traités inconnus d’un intérêt exceptionnel et publia, bien des années plus tard, certains de ces textes et des travaux de renommée mondiale sur l’architecture des temples, et en particulier sur les techniques de construction du gigantesque temple de Konarak. »

Alain Daniélou, Le Chemin du Labyrinthe, éditions du Rocher, 1993, pages 101-102.
 Eté 1973 : réunion au labyrinthe, devenu centre Daniélou de Rome : de gauche à droite : Georgette Boner, peintre, soeur d’Alice, Rudolf Heinemann, Secrétaire Général de l’Institut de Musique de Berlin, Pandit Ramachandra Bhatt, grand érudit, collaborateur d’Alain Daniélou à l’Institut français d’Indologie de Pondichery, Alain Daniélou, Alice Boner et Jacques Cloarec

 

SUR LE NET

Relevé sur Wikipedia :

Les considérations de Daniélou sur la tradition hindoue seraient en désaccord avec ce que la communauté des indianistes considère comme établi. Ainsi, Daniélou ne croit pas en la réincarnation. Il considère donc que cette doctrine témoigne de la décadence de la pensée indienne qu’il impute au Kali Youga1. D’une manière générale, il adopte la doctrine indienne des cycles de progression et de régression, ce qui le conduit à refuser les dates généralement admises par tous les autres indianistes. Ses datations sont généralement beaucoup plus anciennes qu’habituellement et parfois il place les périodes de la civilisation hindoue à des dates si reculées, qu’il n’y a plus aucun vestige archéologique qui puisse attester ses affirmations. Par exemple, il pense que l’humanité est passée par une phase brillante à l’époque paléolithique. Se basant sur des citations des Puranas qu’il relève dans son livre « La Fantaisie des dieux et l’Aventure Humaine », il pense que l’humanité aurait déjà découvert l’arme nucléaire dans un passé très lointain et qu’elle se serait auto-détruite, ce qui expliquerait l’absence de traces archéologiques. Il défend également la doctrine des castes dans une perspective traditionnelle aujourd’hui remise en cause par certains hindous influencés par les doctrines occidentales. Sur les castes, lire « La Civilisation des différences », recueils de textes de Daniélou sur les castes, aux éditions Kailash.

Sa pensée ne correspondrait donc pas aux normes scientifiques établies par la communauté internationale des indianistes en l’état de leurs connaissances actuelles. En effet les indianistes sont tributaires de leurs schémas mentaux (occidentaux donc) et des textes qui leurs parviennent. A. Danielou pour sa part, suivait une autre démarche, à savoir transmettre ce que certains des guides spirituels les plus reconnus de l’Inde lui avaient transmis et ce, dans une perspective religieuse.
Daniélou ne se considérait ni indianiste ni hindouiste et encore moins scientifique ou universitaire. Il précisait toujours qu’il se considérait comme un témoin qui avait eu la chance, comme une personne transportée au temps des pharaons, de vivre complètement intégré pendant de nombreuses années dans la société orthodoxe de Bénarès. Il se considérait comme mandaté pour rapporter à l’Occident ce qu’il avait vu, entendu, compris de la philosophie de cette grande civilisation ainsi que les points de vue des Pandits traditionnels peu accessibles aux indianistes occidentaux.