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À l’occasion de la cérémonie d’anniversaire des 80 ans ou 4 fois 20 ans d’Alain Daniélou, l’acteur Jean Marais témoigne de son projet de voyage en Inde avec Jean Cocteau dans le palais de Bénarès chez Alain Daniélou et Raymond Burnier.

Il raconte comment Daniélou a marqué sa vie sans en être conscient et combien ce personnage énigmatique le fascinait. Devenus amis alors qu’Alain Daniélou venait de revenir d’Afghanistan, il raconte leurs relations, les anecdotes des liens qui les unissaient pendant l’entre-deux-guerres, et la connaissance qu’il a eue par la suite de l’œuvre de Daniélou.

L’intégralité des interviews radiophoniques peut être consultée sur le site des archives.

TRANSCRIPTION

Brigitte DELANNOY : Jean Marais, vous avez connu Alain Daniélou dans les années 30. Je crois que vous étiez très jeune et lui-même dans ses mémoires d’ailleurs relève qu’il a rencontré un jeune homme d’une surprenante beauté et qui avait à peu près 16 ans.

Jean MARAIS : Non, quand il m’a rencontré, j’avais 18 ans, je pense.

Brigitte DELANNOY : C’est une grande différence ?

Jean MARAIS : Oui. C’était le cousin d’un ami à moi et il revenait d’Afghanistan et il avait rapporté des choses merveilleuses d’Afghanistan, entre autres, un tapis dont je rêve encore. Oui, je trouvais cela extraordinaire. Une tapisserie qu’il avait au mur et on est devenu très amis. On s’est beaucoup vu avec Jean Cocteau. Un jour, il a décidé de partir avec un ami à lui qui s’appelait Raymond Burnier qui est un merveilleux photographe pour les Indes.

Il avait déjà fait un voyage aux Indes. Il est tombé amoureux des Indes et il est revenu à Paris pour vendre tout ce qu’il avait et faire sa vie aux Indes. Et comme ça, Jean Cocteau a acheté sa voiture qui était une marque Ford. C’est des choses un peu ridicules que je vous raconte, qui n’ont pas d’importance, mais c’est la cocasserie de la vie. Et cette voiture m’a suivi puisque je l’ai emmené à la guerre avec moi avec un faux numéro militaire.

Alain Daniélou, sans le savoir, a marqué ma vie. Et après, quand il a fait des voyages en Europe et en France, j’ai eu le bonheur de le revoir. Il était devenu Hindoustan, il avait pris la religion Hindoustan et c’était pour moi quelqu’un de fantastique. Et puis, j’ai eu des livres sur l’Inde de Raymond Burnier, extraordinaires, des livres très beaux et puis, j’ai lu les livres d’Alain Daniélou et c’est un merveilleux écrivain et c’est quelqu’un que j’admire et que j’estime et que j’aime et que je respecte.

Brigitte DELANNOY : Comment apparaissait-il dans les années 30 ? Parce qu’à ce moment-là, il n’était pas encore hindouiste. Il n’avait pas tracé sa voie véritablement.

Jean MARAIS : Non, bien sûr, mais il avait un physique assez d’ascète comme cela, de quelqu’un de très mince, de très brillant, d’intelligent. Il avait un regard qui vous pénétrait. C’était quelqu’un qui était très attirant d’aspect et de réflexion parce que lorsqu’il parlait, c’était quelqu’un qu’on avait envie d’écouter.

Brigitte DELANNOY : Vous avez fait le projet d’aller le rejoindre à Bénarès avec Jean Cocteau.

Jean MARAIS : Oui, mais là, je ne connais pas encore les Indes. Je ne suis jamais allé aux Indes.

Brigitte DELANNOY : Cela a été impossible.

Jean MARAIS : Il y a eu la guerre.

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