Lettre ouverte à Monsieur Etienne Gernelle, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point : au sujet d’un article intitulé « L’Affaire Daniélou » paru dans Le Point.
Monsieur le Directeur de la Rédaction,
L’article en question est agressif à l’égard d’un auteur mort il y a 16 ans et dont l’oeuvre s’étale sur 45 ans, a été
traduite en 11 langues, distribuées dans 18 pays. Mais nous n’avons rien contre une critique informée. Un minimum
de recherche et de connaissance de cette oeuvre semble cependant le moins qui peut être requis pour ne pas
transmettre des informations erronées. Nous apportons ci-après des éléments qui prouvent cette absence de
recherche. N’est-ce point cet article qui « trahit » ses buts ?
Premier problème dans le titre même : employer le nom « Daniélou » sans en donner le prénom c’est jouer de
manière indécente en essayant d’associer les deux frères. Non seulement mais citer la mort du cardinal dans un
article qui est supposé traiter d’hindouisme relève d’une conception journalistique peu digne. Qu’a à voir cette mort
avec le sujet traité !
Deuxième point : la légende de la photographie : « Alain Daniélou jouant du Sitar » correspond à écrire que
Rostropovitch jouait de la guitare. Mais on le sait, l’Inde c’est bien loin, petite nation, petite civilisation !
Troisième point : dans cette légende « le Maître accusé » comme dans le sous-titre parlant « d’un dernier disciple »
puis « l’élève qui l’accuse », répété dans le texte, tout cela relève du fantasme et est contredit par tout ce que
Daniélou a écrit, dit et répété à savoir qu’il ne se considérait absolument pas comme un gourou, se moquait
vertement des Occidentaux en quête de « maître » comme de bons restaurants, était un travailleur solitaire qui n’a
jamais eu de disciples et jamais autour de lui une chapelle de dévots ce qui l’aurait profondément agacé. Là aussi les
citations sont nombreuses et notre lettre d’information (N° 21) sur le site www.alaindanielou.org en fournit
amplement. (Annexe 1). Je relève entre autres : « J’ai eu la chance d’être en contact avec une certaine forme de
savoir, et j’ai cherché à l’exprimer. Mais je ne joue pas de rôle, je ne suis pas un gourou. »
Au sujet de Swami Karpatri (Annexe 2) l’article prouve qu’il ignore tout de ce personnage alors qu’un minimum de recherche aurait permis de donner des informations intéressantes. Mais il faut et savoir qu’Internet existe, et Google aussi et parler un minimum d’anglais. Pourquoi chercher dans les textes de Daniélou des éléments qui n’y sont pas, quand, actuellement sur Internet, Google repère plus 5020 sites sous le nom de Karpatri et 326 sous « Karpatri untouchable ».
