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Lettre d’informations n°16 / déc. 2007
 
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ÉDITO

Je voudrais, dans cet éditorial, rendre hommage à deux grandes personnalités qui ont disparu depuis notre dernière lettre : Sa Majesté Mohammed Zaer Shah, roi des Afghans et le chorégraphe Maurice Béjart avaient sans doute peu de points communs si ce n’est d’être tous les deux musulmans, tous les deux amis d’Alain Daniélou, tous les deux ayant fréquenté le labyrinthe de Zagarolo.
Le roi avait passé plusieurs années dans la famille d’Alain Daniélou au moment où son père, ambassadeur à Paris, fut rappelé en Afghanistan pour monter sur le trône après l’assassinat de son prédécesseur. C’est à cette époque qu’il fut entraîné par Alain Daniélou, son aîné, dans des entreprises sportives entre autres une aventure en canoë. Le roi décida de s’installer à Rome au moment de l’exil et c’est ainsi qu’il eut l’opportunité de renouer les liens de cette amitié de jeunesse. Ainsi, fréquemment, il venait déjeuner accompagné de son fils, le prince Mir Wais ou d’un parent, dans la propriété devenue depuis le Centre d’Etudes Alain Daniélou. Ce qui me frappait, à chacune de ses visites privées, c’était l’extrême courtoisie, l’extrême simplicité du souverain, sa dévotion à son peuple et ses analyses impartiales de la situation géopolitique de son pays. On restait abasourdi de l’indifférence des gouvernements occidentaux envers ce monarque qui avait réussi à maintenir la paix et la cohésion de son pays multi-ethnique pendant quarante ans. Malgré les aléas tragiques que la vie lui avait réservés il restait plein d’humour et d’une grande gentillesse et s’amusait du drapeau autonomiste breton qui flottait sur la maison : n’était-ce pas le drapeau afghan royaliste qui eut dû le remplacer durant la permanence du roi dans la maison ?
Maurice Béjart a très tôt employé les musiques indiennes enregistrées par Alain Daniélou pour ses ballets en particulier Bhakti. Dans les années 80 ses rapports avec Daniélou devinrent plus proches par l’intermédiaire de leur amie commune Savitry Naïr. Ainsi après son opération de la hanche il vint passer quelques jours de convalescence dans la maison de Zagarolo accompagné de Eiji Mihara. Je me souviens de leur dernière rencontre quand Maurice Béjart vint le voir à la clinique de la Source à Lausanne où Daniélou venait d’être hospitalisé. Eiji, Eric Vu An, Béjart et moi entourions le lit.

© 1998-2013. Réalisé par le Centre Alain Daniélou - Fondation Harsharan de Zagarolo (Roma)