 @ Jacques Cloarec
Edouard Mac’Avoy (I)
Une rencontre avec Alain Daniélou est de celles qui vous modifient. Hindouiste célèbre, musicologue, historien de l’Inde, philosophe, shivaïte, frère d’un cardinal éminent, fils de ministre, Alain est un grand et mystérieux personnage. Sa mère, d’une vieille famille normande, qui fonda les écoles Sainte-Marie, était une de ces femmes telles que j’en connus un grand nombre, agitée par le tracassin de l’activité. Qui plus est, Mme Daniélou était possédée par une conception du catholicisme telle qu’elle eût fait perdre la foi en Dieu, en Jésus-Christ et en l’Église, à l’ange du ciel le plus zélé. Son jeune fils Alain se réfugia dans la danse, au grand scandale familial...
La merveilleuse histoire de sa vie, de sa révélation de l’Inde, Alain l’a racontée dans Les Chemins du labyrinthe. L’important est son oeuvre, riche et diverse, qui révèle, libère ou confirme.
Chrétien je suis, et protestant. Rien ne peut ébranler ni ma foi en Dieu, ni la certitude que le récit évangélique est d’une indiscutable authenticité. La vérité historique est là. La parole rend le son de la vérité. La grande harmonie panthéiste de la vie, ses dieux-symboles des grandes forces de l’Univers, que chante Alain Daniélou, ne me paraissent en rien incompatibles avec le message du Christ, et j’y trouve un bien-être de l’âme et un grand stimulant créateur.
Le rôle sain et profond de la sexualité dans le processus créateur, la sexualité non pas source de dépense, mais source d’énergie retenue, est un concept shivaïte qui m’a beaucoup apporté et singulièrement dans le dessin, qui est de la passion maîtrisée.
Edouard Mac’Avoy
Le plus clair de mon Temps - 1926-87, Ramsay (1988)
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